31 décembre 2006
Avis à la population.......
Je viens de constater que le message de Lahore, n'avait pas ete enregistré......Vous pouvez maintenant le consulter. Bonne lecture.
Bonne année à tous de Aurangabad, Inde
Ajanta, le 31-12-06
Mon Dieu, plus de 3 semaines sans avoir pris la plume…..Y a du laisser aller !! Mais je dois dire que, même si de temps à autres, je laisserais bien couler le temps, vos encouragements nous donnent du courage pour vous conter nos petites aventures...
Nous passons donc la frontière le 11 décembre dernier, au seul point de passage entre l’Inde et le Pakistan. Matthieu, avant de quitter Lahore, nous avait un peu briefé sur le spectacle. Et quel spectacle !! Je passe, coté Pakistanais, sur les demandes bien gentilles mais très clairement exprimées pour des petits cadeaux…Pas très coopératifs les Duduch sur ce plan… Mais c’est surtout le transfert des marchandises Indiennes vers le Pakistan qui nous laisse pantois. Des milliers de fourmis humaines se relaient pour décharger sur leur tête, des centaines de tonnes de marchandises, les Indiens habillés en bleu et les Pakistanais en rouge. Arrivés à la ligne blanche peinte au sol et marquant physiquement la frontière, les bleus passent leur colis aux rouges, et cela dans un va-et-vient incessant….. Aujourd’hui, on décharge des cageots de tomates. Il faut les voir, durant les 500m que chacun a à parcourir de part et d’autre de la frontière, en train de piquer des tomates délicatement dans le cageot qu’il porte et s’en mettre plein les poches. Sacrée introduction au pays de la main d’œuvre pas chère !!!
A la frontière pakistano-indienne, passage des marchandises
Les douaniers indiens nous feront également un accueil « spécial ». Les pauvres n’ayant pas grand-chose à faire (j’ai comptabilisé sur les multiples registres à remplir, 19 passages la veille : pas lourd pour le seul point de passage entre un pays de plus de 1 milliard d’habitants et un autre de 160 millions !!!), nous avons le droit à la totale : vérification du No de châssis, du No de moteur (tu peux toujours courir pour le lire celui-là !!), visite en règle du camion (on avait bien pris soin de ne pas le ranger avant….t’imagine le b…), ouverture des malles sur la galerie,…On a eu beau lâcher les lions, enfin je veux dire les enfants, histoire d’activer un peu les choses, ils nous garde tout de même pendant 5 heures !! Le genre de situation dont Claire raffole…Moi, toujours très zen, je ronge mon frein en me répétant qu’il ne faut surtout pas péter les plombs…..
Une fois la dernière barrière passée, nous découvrons des centaines de camions en attente de déchargement. C’est vrai que le temps ne compte pas, ici…
Autre spectacle qui nous attend de l’autre coté de la frontière : la circulation routière. Désolé de décevoir nos amis Iraniens mais nous avons trouvé encore plus fou que la circulation Téhéranaise. Disons qu’ici, c’est un peu Téhéran, mais avec en plus sur la route, une diversité incroyable d’engins difficilement identifiables : cela va du simple vélo rouillé au camion aux pneus usés jusqu’à la corde, en passant par le char à bœufs, la moto avec 5 passagers montés à califourchon, au tracteur roulant à contre sens, au vieux rikchaw bondé, ou au tricycle sur lequel un indien est arque bouté,…sans parler des vaches sacrées tranquillement couchées sur le bas coté de la route ou contre le terre plein central…Terrifiant ! Effroyable ! C’est simple, dés le lendemain, je touche 2 véhicules, heureusement sans gravité.
Deux petites anecdotes pour finir sur la circulation: d’une part, les rétroviseurs qui sont ici soit cassés, soit rabattus (peut être de peur de les casser !) ; Contrairement à Téhéran ou ils pouvaient éventuellement servir à évaluer l’espace disponible de part et d’autre du véhicule, ici, on ne cherche pas à savoir si ça passe, on fonce !!!
Et puis, les clignotants : dans nos contrées lointaines, ils servent à prévenir de la direction qu’on souhaite donner à son véhicule. Eh bien ici, rien de tout cela ! C’est pour indiquer au véhicule qui nous suit, de quel coté il peut doubler. Alors, vous imaginez la scène : le véhicule qui vous précède roule sur la voie de droite (la voie de gauche est tellement encombrées par toute sorte d’objets mobiles non identifiés) et se rabat à gauche tout en mettant son clignotant à droite… Faut vraiment s’accrocher !!!
Nous arrivons à Amritsar en fin d’après-midi, après à peine 30 km de route, mais épuisés par cette première journée et pas vraiment dans les meilleures conditions : en pleine heure de pointe, dans un vacarme terrifiant de klaxons, sans argent indien, sans guide nous permettant de nous repérer dans cette ville et avec seulement un vague souvenir d’un nom de parking d’hôtel (le International Inn ?) ou bivouaquer….Je vous laisse imaginer l’ambiance à l’intérieur d’Obelix….Mais super Duduch va faire encore des merveilles !!! Après une bonne heure à errer dans les rues de la ville (et la peur au ventre de devoir rentrer bredouille à la maison !) je réussis tout de même à retrouver le fameux parking du …Amritsar International Hôtel (c’était pas loin) Pas de chance, il a fermé ses portes depuis 3 mois mais il fera tout de même l’affaire.
Avec tout cela, impossible de trouver des tchapatis. Et là, ça vous casse un moral !! Comment allons nous imaginez pouvoir vivre sans notre dose quotidienne de tchapatis…On apprendra un peu plus tard qu’en Inde du nord, les tchapatis sont plus petits et généralement préparés directement chez les particuliers. Vivement l’Inde du sud !
Le lendemain matin, visite du Golden Temple. Nous avions prévu une petite heure, nous y resterons 3 bonnes heures…Quelle havre de paix et de calme à l’intérieur, alors qu’à l’extérieur, la foule et le bruit incessant des klaxons vous terrorisent (une vraie thérapie pour mieux supporter le stress du quotidien) Même les enfants se font happer par ce rythme lancinant des chants religieux récités en continu 24h/24. J’y retournerai même en fin d’après midi pour faire quelques photos au coucher de soleil. Un vrai bonheur.
Le Golden Temple
Les Duduch (les turbans sont fournis)
Détail du Golden Temple
Nous reprenons ensuite la route pour Delhi : 2 jours pour 450 km… Par contre, nous sommes assez agréablement surpris par l’infrastructure routière assez développée de la ville.
Delhi, notre 2eme « pose » technique du voyage ou nous installons notre QG chez Alexandra et Emmanuel, des expats fraîchement débarqués de Bangkok pour le compte d’Auchan et dont nous avons eu les coordonnées par des amis de Tanger…que voulez vous, c’est aussi cela, la mondialisation !! Comme à Téhéran, nous sommes superbement accueillis pendant près d’une semaine, d’abord pour des questions de logistique (la machine à laver d’Alexandra a pas du bien comprendre ce qu’il lui arrivait !!!) mais surtout afin de pouvoir échanger et tenter de mieux comprendre ce pays si envoutant mais aussi si difficile et énigmatique pour un œil occidental non initié. Suite aux multiples diners et apéros (un grand merci à tous pour votre accueil), nous sommes tout de même très impressionnés par la difficulté avec laquelle les expatriés (dont certains sont arrivés à Delhi très enthousiastes sur leur expatriation) ont du mal à s’intégrer un minimum dans cette société indienne.
Nous rencontrons tout de même François et Frédérique, qui après à peine un an en Inde, nous impressionnent par leur connaissance de la culture indienne et la multitude des sites visités. Ils nous montent du coup un petit programme touristique pour la route entre Dehli et Bombay, digne des meilleurs tour-opérateurs !! Merci encore pour vos bons conseils et pour les Guides Bleus (tu as tout à fait raison Frédérique, l’intro est de fait passionnante)
Toujours grâce aux mêmes amis Tangérois (merci Céline et Xavier), je profite également de notre passage à Delhi pour faire vérifier les pneus d’Obelix. Rien de tel que le patron de Michelin Inde pour se rassurer sur leur état : Obelix devrait pouvoir encore avaler qq 15 à 20 000 km supplémentaires. Par contre, le pb des vibrations sur le pont avant subsiste toujours. Je préfère attendre Madras (ou je devrais pouvoir amener Obelix dans un garage de confiance) pour régler cette question.
Je profite également pour aller saluer Promod Mitros, le patron de Veolia Inde. Contrairement à son voisin la Chine, les infrastructures publiques en Inde accusent un retard très important. Promod a beau être très optimiste sur la délégation prochaine des services publics d’eau et d’assainissement des grandes métropoles, je reste un peu perplexe quand je vois l’état des infrastructures routières, un autre chantier autrement plus prioritaire pour l’économie Indienne. On sent d’autre part les indiens tellement fiers de contrôler eux-mêmes leur propre destiné, sans l’assistance du monde extérieur…
Avec Promod, de Veolia Inde
Jeudi 21 décembre, nous levons le camp à 6 h du matin, histoire d’éviter les embouteillages monstres que nous avaient prédits beaucoup de monde. Et de fait, on n’a pas grand monde sur la route mais à peine sortis de Dehli, nous tombons sur un brouillard à couper au couteau. Je n’avais jamais vu cela de ma vie !! Vous imaginez la conduite indienne dans ce type d’environnement….les carambolages se succèdent les uns derrière les autres. Un vrai carnage !! Continuer devient du vrai suicide et nous décidons de nous mettre à l’abri dans un petit chemin de traverse (et de rattraper le sommeil perdu). On ne repartira que vers midi.
Du coup, nous arrivons trop tard à Agra pour visiter tranquillement le Taj Mahal. Pas de problème, on se rattrapera demain matin…En attendant, ce sera le Red Fort.
Le lendemain, lever aux aurores pour pouvoir profiter de la belle lumière du levé du jour. Nous arrivons vers 8 heures au guichet, tout content de constater que nous sommes quasiment les premiers visiteurs….tu m’étonnes !! C’est jour de fermeture aujourd’hui !! J’te jure… Du coup, changement de programme et nous passons finalement une excellente journée à visiter Fatchpur Sikri, l’ephemere capitale d’Akbar, et véritable traduction dans la pierre de la curiosité de cet empereur Moghol pour les religions hindouiste, musulmane, bouddhiste, jainisme, zoroastrienne et même chrétienne.
A Fatehpur Sikri
Les Pichtouns à Fatehpur Sikri
Au red Fort à Agra avec le Taj Mahal en arrière plan
Le Taj Mahal est enfin à nous le lendemain. Malgré la foule de touristes, ce mausolée, dans sa blancheur immaculée, reste un lieu magique. Je laisse les photos parler d’elles même.
Valentine répondant à la 4357 ième demande de pose pour une photo
L’après midi, nous filons sur Gwalior, citadelle rajpoute perchée sur un long éperon rocheux de près de 3 km. Afin de pouvoir admirer le lendemain la formidable muraille coté est, sous la lumière du petit matin, nous grimpons avec Obelix le raidillon d’accès à la citadelle. Une petite plateforme nous accueille pour un bivouac aux premières loges. Le spot est super…mais pas assez sécurisé au goût de la police locale. Après moultes palabres, nous serons finalement obligés de redescendre dans la soirée. Dommage.
Obelix accroché à la falaise de Gwalior
Fort de Gwalior
Baptiste en super batman au Cricket
24 Décembre : Noël. Après une visite matinale de la citadelle de Gwalior, nous reprenons la route (totalement défoncée) en direction de Sanchi. Avec une moyenne horaire de 40 km/h maximum, nous avons du mal à respecter notre programme de route et bivouaquons finalement, épuisés, sur une aire de station service. Très sexy, pour une nuit de Noël !! Heureusement, les enfants sont gonflés à bloc pour préparer une super teuf : grand nettoyage et décoration d’Obelix, confection d’une crèche de fortune et bon petit gueuletton avec toasts au foie gras (que nous transportons depuis Breugny) et gâteau au chocolat. On finira par les grands classiques des chants de Noël.
Cette soirée est également l’occasion de faire un petit point sur l’ambiance au sein de la famille pendant ce voyage et des qq. ajustements que chacun doit essayer d’apporter dans son comportement…..Il y en a du travail !! et pour tout le monde !!
Juste une petite anecdote : le gérant de la station service vient nous voir à la terrasse et très sérieux, nous annonce en regardant Valentine jouer sur la pelouse (il faut imaginer, pour ceux qui connaissent l’Inde, l’accent indien avec le balancement de tête) : « Mister, it is a fact of life : your daughter just looks like a baby dole ». Je me suis fait vraiment mal aux lèvres pour ne pas éclater de rire….. Il faut dire que celle-la en fait craquer plus d’un !! C’est d’ailleurs une des raisons qui ferait rentrer Valentine à Breugny :
- Y a trop de monsieurs qui me font des bisous
- Y a trop d’askidants sur la route
- Y a trop de bosses dans Obelix
- Je voudrais revoir ma maîtresse d’espagnol
Rien n’est donc gagné….
Le lendemain, nous reprenons la route tôt le matin pour Sanchi, « colline inspirée », ou vécu pendant treize siècles, une communauté de moines Bouddhistes qui y enseignait la voie qui libère de tout désir, de toute volonté, le tout au milieu d’une campagne verdoyante et paisible. Un colossal Stupa, vieux de plus de 2 000 ans, a miraculeusement conservé ses quatre Torana (portes), admirablement décorées. On a tellement aimé, qu’on y est retourné 3 fois !! Il faut dire que nous avions également installé notre bivouac, au calme, dans le jardin de la guest house du coin…un vrai moment de tranquillité.
Stupa 1 de Sanchi
Toran nord du Stupa de Sanchi
La mouche donne le niveau de détail de la sculpture
Seule déception : nous avions organisé un RDV téléphonique avec la France mais nous étions hors réseau, dans notre paradis paumé !!! (pour ceux qui voudrait nous appeler pendant notre séjour en Inde, notre No de portable est le + 91 99 88 44 15 78)
Allez, j’arrête là pour ce soir nos petites histoires, sinon je ne vais jamais envoyer ce nouveau message (il faut dire qu’il nous est arrivé tellement d’histoires, ces trois derniers jours……mais ça, ce sera pour le prochain message, l’an prochain !!!)
On ne va tout de même pas se quitter sans vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d’année à tous et plein de bonnes choses pour 2007….
10 décembre 2006
Lahore, la belle
Lahore, le 10-12-06
Cette ville nous avait fait rêver avant de quitter la France ; elle aura répondu à toutes nos attentes. D’abord et avant tout parce que nous y avons trouvé un accueil extraordinaire en la personne de Mathieu Pinel, directeur de l’Alliance française et ensuite parce que Lahore est la capitale culturelle, universitaire et artistique du Pakistan.
Arrivés tard lundi 4 décembre, après avoir tenté de sécher un peu nos affaires dans le camion pendant les 7 heures de routes qui nous séparent d’Islamabad, nous tentons d’atteindre l’Alliance française tant bien que mal, sans arracher trop de câbles électriques ou téléphoniques. Mathieu, dont nous avons eu les coordonnées par Cédric, un collègue de Veolia présent pour qq. jours à Lahore pour une mission technique, Mathieu donc nous accueille très gentillement et nous propose de nous installer sur le « trottoir », en face de l’Alliance. Nous sommes ici aux petits soins avec tous les services utiles et nécessaires, et surtout sous l’attention attachante de tout le personnel de l’Alliance (y compris des gardiens)
Le gardien, le garde et le policier de l'Alliance
Le gardien de l'Alliance
Mardi soir, soirée franco-française très sympa chez Mathieu et Laurence son amie, en compagnie de Cédric et Denis de Veolia. Ça papotte sec…..Les enfants sont restés dans le camion, garé en face de l’Alliance et surveillé de très près par le gardien. Trop cool.
Notre petit rituel des courses à qq. rues de notre bivouac nous a permis de sympathiser avec le boulanger. En fait, il y en a plusieurs et ils se disputent tous notre venue en nous offrant chapatis et noons….C’est un vrai dilemme, à chaque venue, de devoir faire un choix. Les enfants, l’autre soir ont passé une bonne heure à apprendre toutes les phases de la confection de ces délicieux pains. Un vrai moment de bonheur.
Un pakistanais (ndlr :George Clooney?)
Mercredi, au cours de notre visite à la Mosquée Badshahi, nous rencontrons Khaled, un guide auto proclamé de la mosquée. Un pacte est conclu avec lui : il nous assure une visite guidée gratuite de la mosquée en échange de quoi, je lui fait une traduction en français de ses explications. Et Khaled recopiera consciencieusement et phonétiquement en Urdu, chaque phrase que je lui dicterai en français. Une volonté d’apprendre et de se demerder…..il nous a bien fait marrer.
Ce matin, lors d’une nouvelle visite de la vielle ville, nous tombons à nouveau sur Khaled qui avait réussi à « pêcher » 2 touristes canadiennes. Et ça a marché !!! Thibaud leur a récité par coeur le texte que nous avions concocté pour Khaled. Elles étaient pliées !
La Mosquée Badshahi vue du fort de Lahore
Jeudi, je repars seul en bus sur Islamabad, pour aller rechercher les passeports avec les extensions de visas. La sécurité est vraiment devenu un élément du quotidien : fouille systématique de chaque passager du bus, film vidéo avec prise de vue sur chaque visage des passagers,….Notre sentiment est partagé sur cette question de sécurité. Nous pensons que les Pakistanais en rajoutent un peu (ce matin, à un simple carrefour de Lahore, j’ai comptabilisé 11 policiers et militaires !!!) mais il faut croire qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Mathieu nous confirme que depuis 2/3 ans, la délinquance a fortement progressé. Et pourtant, nous nous sentons tellement à l’aise dans ce pays, en totale sécurité…
Un barbier, dans les rues de Lahore
Que de belles femmes
Heu-reux !!!
Vendredi, Michael, un guide pakistanais recommandé par l’Alliance, nous fait découvrir la vielle ville de Lahore. Une petite merveille, qui malheureusement tombe de plus en plus en décrépitude. La densité de la vieille ville nous impressionne. Sa crasse également. Nous visitons d’autre part qq. vieilles maisons, actuellement squattées par des ateliers divers et variés et datant du début de l’époque coloniale (300 ans environ), avec un mélange architectural anglo-sikhs……on se met à rêver de restauration… Avis aux amateurs, cette ville a vraiment un potentiel fabuleux.
Au détour d’une ruelle, nous tombons sur des réservoirs d’eau potable : 4 vieilles belles structures en acier, de 500m3 peut être chacune, montées sur des piliers d’une dizaine de mètres de hauteur et datant de l’époque des anglais. Etonnantes structures !! Au niveau de l’assainissement, les infrastructures consistent en de petits caniveaux ouverts sur le coté des ruelles. Le curage est assuré par des chrétiens, qui représentent environ 5% de la population. Lorsque la mousson arrive, l’eau peut monter rapidement à 40 à 50 cm de hauteur. Cela me rappelle qq souvenirs de Tanger…..(n’est ce pas Mohamed et toute ton équipe !!)
Pour finir de vous emboîter avec mes histoires de boulot, ce qui nous surprend beaucoup, c’est l’absence de poubelles. Ici, tout est récupéré. Mais vraiment tout !! Amusant de voir par exemple les vieux journaux à l’Alliance française être pesés pour être revendus. Nos propres poubelles sont passées tous les jours au crible…..charmant !!
Allez, avant de se quitter, une petite question pour vos neurones : en quelle année, Lahore est devenue la capitales de l’empire Mongol.
06 décembre 2006
ça caille....
Islamabad, Pakistan, le 3-12-06
Ca caille, il pleut aujourd’hui et nous sommes coincés à Islamabad depuis 6 jours pour des questions de visa…..il y des jours, on ne dirait pas non pour une petite journée tranquille au chaud (et au sec !), au coin d’un bon feu de bois…..
Bon, allez, j’arrête de me faire du mal. Cela doit être le contre coup de ces derniers jours ou nous avons un peu tiré sur la machine. Il faut dire que cela en valait la peine…
Retour à Quetta pour quelques photos (ndlr)
Ah le Tchapati!
A 6 dans un rikchow!!
Une fuite d'eau, j'ai pas pu m'empêcher...
Nous quittons Quetta en direction de Multân par la « route nord », en compagnie de 2 autres camions, celui de Marcello et Carolina (avec qui nous avons déjà traversé le désert entre Taftan et Quetta) et celui de Vojc, un slovène, en voyage depuis déjà qq. années avec sa caravane montée sur un châssis de poids lourd et qui connaît bien cette route apparemment fermée aux touristes et en mauvais état mais qui parait il, vaut vraiment le détour.
Le 1er jour, nous rejoignons Loralai, via Ziarat.
Nous apercevons pour la 1ere fois une femme entièrement couverte de sa burka ; la frontière Afghane n’est qu’à qq. km….Après un col à 2400 m, nous suivons sur une centaine de km, une vallée splendide, couverte de vergers. Nous arrivons à la tombée de la nuit, escortée par une patrouille de police qui nous propose le bivouac dans l’enceinte de leur campement. Nous sommes au cœur du Baloutchistan….les visages sont authentiques et fières …nous nous dévisageons réciproquement.
Un camion rencontré sur la route
Le soir, miracle de l’informatique, je trouve un cybercafé….enfin, une pièce crasseuse et enfumée ou 3 ordinateurs d’un autre age, sont posés sur une vielle tolle instable, au milieu de la poussière et des mégots de joints de hashish. Je suis prêt à faire demi-tour mais le lieu m’amuse tellement que je tente l’impossible connexion. Et ça marche !! Bon, je ne pourrai envoyer que qq petits messages car je ne vous raconte pas le débit…. (encore une fois, je suis furieux de ne pas avoir emporté mon appareil photo pour immortaliser ce haut lieu, symbole de la mondialisation)
Le lendemain matin, lorsque nous traversons Loralai, c’est jour de marché dans la rue principale….20 minutes pour 500 m mais 20 mn de bonheur…..Nous plaçons la camera discrètement sur son pied, derrière le pare brise. 20 mn de film extra.
Apres Loralai, la route cède la place à une piste relativement bonne mais la moyenne en prend un coup. On dépasse rarement les 30 ou 40 km/h. Bizarrement, moi qui, parait il, aurait la réputation de conduire assez vite, cette « lenteur » n’est pas pesante, bien au contraire. Le spectacle dehors est tellement prenant.
Pour cette 2eme étape, Vojc nous avait prévenu : 80 km sont vraiment mauvais, avec quelques passages de rivières à guet. Dans l’un d’eux, 2 camions chargés comme ils savent le faire au Pakistan, sont enlisés au beau milieu de la rivière. Obelix, avec ses 4 roues motrices, passe sans problème en éclaireur et les camions de Voice et Marcello, heureusement suivent. Nous installons le bivouac pour la nuit, derrière un thé-shop près du village de Kingri (je ne sais pas si Lionel, notre dévoué blog administrateur, va nous le trouver, celui-là ! ) ndlr : ben non, en effet...
Ambiance extra d’une petite soirée passée autour d’un feu de camp avec les Pachtouns, à échanger, à chanter et à jouer.
Bivouac de Kingri
Nous ressentons surtout un vrai sentiment de bonheur à observer nos enfants si à l’aise avec des personnes si différentes de nous. Thibaud s’amuse comme un fou avec un vieux Pachtoun à « pierre, papier, ciseaux »…
Pachtouns de Kingri
Une Pachtoun
Le lendemain, au programme, descente des montagnes du Baloutchistan pour rejoindre la plaine du Pounjab, avec au passage, le fameux Rakhni Pass. On y restera bloqué pendant qq heures, le temps de faire exploser qq rochers qui bloquaient la route. Cela nous laisse tout le temps d’admirer de plus prêt les décorations multicolores de nombreux camions bloqués comme nous.
Petit bouchon dans le Rakhni Pass
Sans le savoir encore, nous venons, lors de ces 3 jours fabuleux de route, de manger notre pain blanc….La suite de ce message va vous paraître certainement un peu trop détaillé mais nous voulons garder en mémoire chaque instant de cette galère que nous allons vivre pendant 48h…..
En effet, à la tombée de la nuit, nous installons le bivouac derrière une station service située à proximité de D.G.Khan. Nous sommes rejoints par Sébastien, un allemand avec son Mercedes 508D. Vers 20h, alors que nous dînons, la police arrive et nous demande de quitter les lieux pour sortir du District de DG Khan. Le lieu est parait il trop dangereux.
Après 2 heures d’âpres discussions et voyant le nombre de policiers augmenter sensiblement, nous décidons de céder sur la promesse du responsable de pouvoir nous installer immédiatement passé la frontière du District. Il semblerait aussi (nouvel argument lâché en fin de négociation) que nous soyons pas loin du centre de recherche nucléaire Pakistanais !! On ne badine pas avec le nucléaire…23h, nous reprenons donc à contre cœur la route pour 50km, dans la nuit, escortés par des véhicules tout gyrophare dehors. Heureusement, les enfants dorment tranquillement à l’arrière.
Passé le fameux pont sur l’Indus marquant la limite du District, la police nous abandonne sans préavis et nous plantons notre nouveau bivouac sur la 1ere station service trouvée. Immédiatement, la police du nouveau district arrive en trombe et nous demande de dégager le coin. Je décide de laisser les autres routards négocier pour nous et vais me coucher (mon humeur n’étant généralement pas au top lorsque je suis fatigué !!) Rien à faire, vers 1h30 du matin, Vojc vient toquer à notre porte….nous devons dégager, la police commençant à montrer qq. signes d’énervement. Apres 2h de route, toujours escortés par nos nouveaux amis, nous arrivons enfin dans la caserne de police de Muzzaffargarh. Afin d’éviter d’être garés le long de la route principale ou le trafic ne tardera pas à reprendre d’ici 2 heures, nous garons Obelix un peu à l’écart, derrière un bâtiment. Nous nous couchons, fourbus. 30 mn plus tard, un policier toque à la porte. Il faut rejoindre les autres camions à 100m de là. Là, je pete les plombs, traite le policier de tous les noms et lui claque la porte au nez…..on dormira tranquille jusqu'à 10h ! Non mais ! faut pas pousser…
Le lendemain, Vojc, exaspéré, a pris tôt le matin, la poudre des escampettes. La police est furieuse de ne pas avoir été informée. De notre coté, nous décidons également de lever le camp avec Marcello pour Islamabad, Sébastien allant sur Lahore. Cela ne plait pas du tout à nos amis Pakistanais et nous devons littéralement forcer le barrage pour pouvoir quitter la caserne. Une fois rattrapée qq. km plus loin, une explication « franche » s’engage en plein milieu de la route, bloquant la circulation pour qq minutes. Dommage que je n’ai pas eu le réflexe d’enclencher la camera, cela aurait été un bon souvenir !!!
Après que la police ait réussi à obtenir un plan de vol détaillé de chaque véhicule, nous reprenons la route avec une escorte serrée, planté devant Obelix, ce qui représente un vrai danger, n’ayant plus de visibilité pour éviter les nids de poule. Le véhicule de la police (bondé de policiers armés jusqu’aux dents) étant moins puissant que les notres, nous arrivons régulièrement à les doubler. Nous comprenons rapidement que cela ne sert à rien, à chaque nouveau district, un nouveau véhicule nous attend à la frontière, sur le bord de la route.
Arrivés à D.I.Khan, nous souhaitons faire qq courses. Notre escorte panique. Trois flics accompagnent chaque personne partie faire des courses. Pire, au marché aux légumes, la police fait dégager 3 étalages pour pouvoir garer nos camions en plein milieu du marché. Du délire total !! Heureusement, nous arrivons à faire comprendre au responsable que nous souhaitons trouver un lieu de bivouac dans la ville, histoire de ne pas recommencer la même mésaventure de la veille. Ce sera donc la caserne de police de D.I.Khan, camp retranché au milieu de la ville ou vivent 200 policiers avec leur famille, mais néanmoins calme et très agréable. On fera même un match de foot avec les enfants. Thibaud se fait offrir un chapeau Pachtoun par Suliman, un enfant du camp. Moment très émouvant.
Thibaud et son copain Suliman
Cependant la paranoïa continue : je décide de sortir du camp pour aller me faire raser ma barbe de plusieurs jours. Rien à faire. Le responsable préfère m’envoyer le barbier du camp. Je veux aller au cybercafé du coin (sans succès) : j’y serai accompagné pas 3 policiers.
S'il vous plaît...
Le lendemain, même musique…et ce, jusqu’aux portes d’Islamabad ou nous arrivons enfin à la tombée de la nuit. Là, Vojc (que nous avions retrouver sur notre chemin) nous amène tout droit vers le camping réservé aux touristes étrangers….c’est à dire, encerclés de policiers !!! Enfin, on ne se plaint pas : le lieu est propre, spacieux et gazonné. Nous retrouvons là une dizaine de routards en transit comme nous, dans l’attente de visas divers et variés.
Sur la route vers Islamabad
Le temps malheureusement se gâche rapidement. Avec la pluie et le froid, le quotidien devient vraiment difficile à gérer. Heureusement, nous profitions de notre petit break pour bricoler qq. aménagements sur Obelix et surtout nous essayons un nouveau type de chauffage central révolutionnaire : une bonne brique réfractaire posée sur la gazinière, ça vous chauffe Obelix en moins de 5 mn. Faut dire que le volume à chauffer n’est pas très grand !!
Allez, pour notre grand jeu, nous félicitons les nombreux gagnants concernant le nom Iran. Il date bien de 1934 (d’après le Lonely). On ne va donc pas chipoter pour ceux qui ont répondu 1935 !! Par contre, concernant les km parcourus depuis le départ, il y a qq. fadas qui pensent que nous aurions pu réaliser 15 442 km !! Nous n’avons fait que 9 340 km….
Aujourd’hui, c’est férié au Pakistan. On a donc décidé de faire exceptionnellement relâche et permettre à vos petits neurones de se reposer….















































